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Composition de Martine Chine avec interprétation libre de Sir Kuliktavikt: J'ai mangé la voie ferrée des rêves édentés à l'ardoise. Trois étoiles Michelin de roulement optimal sur rail. J'ai bu des limonades psyché-synergiques dans des verres remplis de sommeil liquide. Le sucre des dimensions futures se révélera dans toute sa splendeur dans les cantiques des temps parfumés de l'après-vie (urticaire 101, tu ne posséderas pas de retaille de dimension). Puis j'ai dormi dans un nuage chimique parfumé aux mille-feuilles cybernétiques de l'Apocalypse phénicienne. Les oreillers changeaient d'espèce à chaque respiration. J'ai vidé les moins dix mille fontaines de Javex sirupeuse qui irriguaient les destins mourants des prêtres de papier froissé. Le liquide désinfectait les souvenirs des choses qui n'avaient jamais existé (et qui n'existeront jamais) Alors je me suis mis à me manger. À me boire. À me dormir. Chaque organe possédait sa propre recette. Le foie se dégustait avec une moutarde de maux. Les côtes étaient marinées dans des calendriers carbonisés. Le cœur mijotait dans le chaudron des leurres. Chaque morceau de peau somnolait dans un hamac tissé avec les cendres pharaoniques des trépassés liminaux. Quelqu'un avait glissé un cachet d'argile dans la narine d'un Dalí infesté de vipères. Mes yeux firent PLOP. Ils fondirent l'un dans l'autre jusqu'à devenir une boisson tiède que le plafond but lentement. Il ne resta qu'un peu de diction. Elle s'étala sur un toast souriant. Le toast donnait une entrevue à une chaîne de télévision destinée à imploser avant la fin de l'émission. Le journaliste demanda : — Est-ce la fin des choses ? Le toast hésita. Puis il se mangea lui-même avant de répondre.
Le paysage se retirait lentement de lui-même, et moi, errant dans ce paysage, devenant absence. À certaines heures pâles de la nuit, tout disparaît. Ces nuits fantômes où l’on dérive en soi-même : cartographies d'érosion; de soi, de tout, de rien. -Sir Kuliktavikt --- The landscape was slowly withdrawing from itself, and I, wandering through that landscape, was becoming absence. At certain pale hours of the night, everything disappears. Those phantom nights where one drifts inside oneself: cartographies of erosion; of self, of everything, of nothing. -Sir Kuliktavikt